Parler de moi ? Chouette, j'adore ça.
Par exemple, la fois où en touchant l'aile d'un papillon, la poussière m'a chatouillé les narines. J'ai éternué et je me suis retrouvée coincée dans un monde de transparence et de certitude. Comme une source nourrie par une cascade calme et volante, sauf qu'elle n'avait rien d'humide. Chaque chose en révélait d'autres. Comme une loupe ou un verre incolore. Les richesses paraissaient plus évidentes d'un seul coup. Un miroir cachait une porte, et la porte un voile de secrets. Une pièce sans fond ni mur. Un plafond infini et pourtant limité par un ovale parfait de clarté qui s'étirait de part en part, en un soupçon de cercle parfait. Les réponses se succédaient tels les mots d'une simple phrase pour donner un sens au chemin, une raison au retour. Et brusquement je revins dans mon jardin, les doigts tendus vers l'instant précédant le battement d'ailes du papillon. Le battement d'un coeur fragile. Un clignement de paupières. Et là tout se fit plus net, plus cher. Tout pour moi avait un sens différent. Un regard nouveau, une vision sans bornes. Et la joie simple et fruitée qu'éprouve une fée de ne former plus qu'un avec les particules de la nature.
Le tout en un seul Être, en un seul temps .